En Europe, plus de 60 % des tout-petits développent un surprenant attachement au doudou. Il peut s’agir d’un bout de tissu, d’une peluche, un jouet ou d’une couverture, qui deviennent indispensables dans leurs vies. En cas de disparition, d’oubli ou de séparation trop longue, c’est la catastrophe assurée ! Jusqu’à ce qu’on retrouve l’objet en question, il faut faire face à des crises de colère terrible ou à des torrents de larmes qui n’en finissent pas. La question, c’est pourquoi cet attachement au doudou ? Qu’est-ce qui fait que les enfants l’aiment tant et supportent mal d’en être séparé dans leur petite enfance ? On vous donne les réponses dans cet article.
S’attacher au doudou : une réaction totalement naturelle
Il existe un lien très fort qui unit les nourrissons à leurs parents. A partir du moment où ils ouvrent les yeux, et pendant les tout premiers mois de leur vie, papa et maman sont toujours avec eux. Comme ils ne disparaissent jamais très longtemps, bébé va considérer qu’ils font partie de lui. Puis, vers ses huit mois, il va commencer à réaliser que les parents sont des personnes à part. Inévitablement, il va aussi réaliser qu’il est un individu à part entière. Cette prise de conscience va alors provoquer en lui une sorte d’angoisse : celle de la séparation.
C’est dans le but de surmonter cette angoisse que l’attachement au doudou va se manifester. L’enfant va choisir un objet qui le réconforte et l’apaise, et va l’adopter sur le long terme. Ce processus se fait de manière naturelle, presque instinctive, sans aucune influence extérieure. En réalité, sans qu’on ne puisse l’expliquer, les enfants ne choisissent presque jamais le doudou qu’on leur propose. Voilà pourquoi un plaid qui l’a tenu au chaud durant ses premiers mois, le nounours qui dort à côté de lui ou même un oreiller fétiche peut prendre la place du doudou.
L’attachement au doudou : une manière de surmonter la séparation
Plus d’un psychanalyste a tenté de cerner le mythe autour de l’attachement au doudou. Jusqu’ici, tout ce qu’on peut dire, c’est que le doudou est un « objet transitionnel ». En d’autres termes, cet ours en peluche ou ce tee-shirt que votre enfant mâchouille, l’aide à supporter les grandes transitions. Avec lui à ses côtés, il devient plus supportable d’affronter les situations nouvelles. On fait référence à la rentrée à la crèche, à la garderie, ou encore à l’arrivée d’une nounou.
Pendant de longs mois, tout ce que votre enfant connaît, c’est vous et la maison. Il s’est habitué à cet environnement familier, et s’y sent en parfaite sécurité. Le problème, c’est qu’à un moment donné, il faut sortir de sa bulle. Lorsque le congé de maternité prend fin et que les parents doivent retourner au bureau, les bébés doivent s’habituer à un nouvel entourage, à de nouvelles personnes. C’est d’ailleurs la phase d’éveil. Des études montrent que l’attachement au doudou intervient pour que les séparations ne soient pas trop brutales.
Votre enfant va s’accrocher de toutes ses forces à son doudou – qui d’une certaine façon vous représente. Il aura toujours l’impression d’être en sécurité. Mieux encore, cet objet qui fait figure d’attachement va l’aider dans son développement émotionnel. Grâce à ce membre officiel de la famille, il va apprendre à maîtriser et à gérer son lot d’émotions quotidien. Pour ne rien gâcher, le doudou va aussi rendre votre petit plus autonome et plus indépendant.
Rompre l’attachement profond au doudou : à ne pas faire à la hâte
Le doudou est unique. Il a une odeur particulière, une forme spéciale, une texture apaisante, et ne se remplace pas. En cas de perte ou d’égarement, il est très difficile pour les parents de leurrer leur jeune enfant en achetant une pâle copie de l’originale. Pour certains, le secret est d’investir dès le départ pour deux doudous identiques qui vont servir d’objets transitionnels.
Jusqu’à ce qu’il atteigne ses six ans, il est tout à fait normal que votre chérubin continue de cultiver son attachement au doudou. Il dort avec, joue avec, et parfois même lui confie ses secrets et ses petits tracas. Petit à petit pourtant, il va se sentir plus confiant, trouver d’autres moyens de s’exprimer, et n’aura plus besoin de son ou de ses ours en peluche pour le réconforter.
Bien entendu, pendant l’étape d’adaptation, il n’est pas rare que certains enfants reprennent leurs doudous après les avoir mis de côté. Pas de panique, c’est tout à fait normal et c’est temporaire. Dans tous les cas, retenez que l’attachement de l’enfant à son doudou est très spécial. Il est fortement déconseillé de briser ce lien de façon brusque ou spontanée. Attendez que le petit soit prêt, et laissez-le agir à son propre rythme !



